Qui paie, quand un site est gratuit ? La question paraît provocatrice, elle est pourtant la plus utile à se poser avant de se lancer. Héberger des pages, les rendre accessibles jour et nuit, les protéger contre les attaques, maintenir les logiciels à jour : tout cela a un coût. Si l’utilisateur ne le règle pas directement au départ, quelqu’un le prend en charge, et se rémunère autrement. Cela ne rend pas les offres gratuites suspectes par principe. Cela invite simplement à comprendre le modèle économique derrière chacune, pour choisir en connaissance de cause.
Trois modèles derrière le même mot
Le terme « gratuit » recouvre des réalités très différentes selon le prestataire.
Le plus connu est le modèle freemium des créateurs de sites en ligne. On construit ses pages soi-même, par glisser-déposer, sans rien payer. Les fonctions avancées, elles, sont réservées aux formules payantes : nom de domaine personnalisé, suppression de la publicité, boutique, statistiques détaillées.
Vient ensuite le logiciel libre, dont WordPress est l’exemple le plus répandu. Le logiciel ne coûte rien, mais il doit être installé sur un hébergement, qui se loue, avec un nom de domaine, qui se loue aussi. Surtout, quelqu’un doit assurer les mises à jour et la sécurité.
Enfin, certains prestataires proposent une création offerte associée à un abonnement. Le site est conçu par des professionnels sans facture initiale, puis une mensualité couvre l’hébergement, la maintenance et parfois l’accompagnement. La gratuité porte ici sur l’investissement de départ, pas sur la durée.
Les contreparties à examiner
L’adresse du site
Une adresse du type « monentreprise.plateforme.com » fonctionne, mais elle fait moins professionnel qu’un domaine à son nom et elle lie durablement la visibilité du site à la plateforme. Si l’on part un jour, l’adresse reste derrière, et avec elle l’historique de référencement acquis.
La publicité
Beaucoup de formules gratuites affichent un bandeau ou une mention du prestataire. Pour un loisir, peu importe. Pour une entreprise, voir la marque d’un tiers sur sa vitrine, voire des publicités sans rapport, brouille le message.
La propriété
C’est le point le plus important. À qui appartiennent le nom de domaine, les textes, les photos, la structure du site ? Peut-on exporter ses contenus ? Sur certaines plateformes, le site ne peut pas être transféré ailleurs : il faut le reconstruire en cas de départ.
L’engagement
Les offres avec création gratuite reposent souvent sur un contrat d’une durée déterminée. C’est logique, puisque le prestataire amortit son travail initial sur plusieurs mois. Encore faut-il connaître cette durée et ce qui se passe à l’échéance.
Le temps, ce coût que l’on oublie
Construire soi-même un site gratuit prend des soirées, voire des week-ends entiers. Choisir un modèle, rédiger les textes, trouver des images libres de droits, régler l’affichage mobile, rédiger les mentions légales, comprendre les bases du référencement : pour un artisan ou un commerçant, ce temps est pris sur l’activité. Et un site bricolé à la hâte peut coûter des clients, comme le rappellent les erreurs à éviter dans la création d’un site internet : navigation confuse, absence d’informations de contact, pages trop lentes.
À l’inverse, confier la création à un tiers libère ce temps, mais demande de bien cadrer le projet et d’accepter moins de liberté sur certains détails.
Comparer deux offres concrètement
Prenons un exemple de formule avec création offerte. L’offre Mon Site Web Gratuit, création offerte puis abonnement, repose sur ce principe : le site est réalisé sans frais de création, le nom de domaine est enregistré au nom du client, les contenus se modifient depuis WordPress et l’hébergement comme la maintenance sont compris dans une mensualité, avec un contrat de deux, trois ou quatre ans. Ce type de proposition se compare utilement à un créateur freemium en calculant le coût total sur la durée du contrat, puis en le mettant en regard du temps économisé et des services inclus.
Le calcul inverse vaut aussi : un créateur en ligne gratuit au départ peut, une fois ajoutés le domaine, la suppression de la publicité et le module de réservation ou de vente, atteindre un budget annuel comparable.
La liste des questions avant de signer
- Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ?
- Puis-je modifier moi-même textes et photos ?
- Qu’est-ce qui est inclus : hébergement, sauvegardes, mises à jour, certificat de sécurité, assistance ?
- Quelle est la durée d’engagement, et comment se passe la résiliation ?
- Puis-je récupérer mes contenus et mon domaine si je change de prestataire ?
- Le site sera-t-il adapté aux mobiles et conforme aux obligations légales de base ?
Six réponses claires valent mieux qu’un argument commercial. Un site gratuit bien choisi est une excellente porte d’entrée sur le web ; un site gratuit mal compris devient vite une contrainte.
